Publié le 20 juin 2026 · Mis à jour le 22 septembre 2026 · Par Phil & Jérémy
En bref — Photographiez tout avant de nettoyer, puis déclarez : cinq jours ouvrés pour la plupart des sinistres, deux jours ouvrés pour un vol. Le délai court à partir du moment où vous constatez le sinistre, pas de sa date de survenance.
Vous venez de subir un sinistre : incendie, cambriolage, dégât des eaux, tempête. La première heure est souvent chaotique. Pourtant, les actions que vous menez dans les premières heures et les premiers jours détermineront en grande partie la rapidité et le montant de votre indemnisation. Ce guide vous explique chaque étape.
Les premières actions : sécuriser et documenter
Avant toute démarche administrative, assurez-vous que votre logement et ses occupants sont en sécurité. En cas d’incendie, d’explosion ou de structure compromise (toiture effondrée, mur porteur endommagé), évacuez et attendez l’autorisation des pompiers ou des services de sécurité avant de rentrer.
Dès que vous avez accès au logement, documentez les dommages par des photos et vidéos. Ne nettoyez pas, ne déplacez pas, ne jetez rien avant d’avoir photographié chaque zone touchée. Ces images sont votre principale preuve et serviront de référence lors de l’expertise. Photographiez aussi les biens endommagés individuellement — chaque meuble, appareil ou objet de valeur doit être documenté séparément.
Si des tiers sont impliqués (voisins touchés par un dégât des eaux parti de chez vous, tiers responsable d’un sinistre dans votre logement), relevez leurs coordonnées et les informations de leur assurance. En cas de sinistre entre voisins, le constat amiable dégât des eaux doit être établi dès que possible — idéalement avant que chaque partie ait commencé ses propres démarches.
La déclaration de sinistre : délais et contenu
La déclaration doit être effectuée dans les délais légaux à compter de la constatation du sinistre : cinq jours ouvrés pour la plupart des sinistres, deux jours ouvrés pour un vol ou une tentative de cambriolage. Ces délais courent à partir du moment où vous avez connaissance du sinistre — pas nécessairement à partir de la date à laquelle il s’est produit.
Vous pouvez déclarer par téléphone, via votre espace client en ligne, par application mobile ou par courrier recommandé. Pour les sinistres importants, le courrier recommandé reste la preuve la plus solide d’une déclaration dans les délais. Quelle que soit la méthode choisie, notez le numéro de sinistre qui vous sera communiqué — il sera votre référence pour tous les échanges suivants.
Votre déclaration doit inclure : la date et les circonstances du sinistre, la nature et l’étendue des dommages constatés, les mesures conservatoires déjà prises (bâchage, sécurisation, intervention d’urgence), et les coordonnées des tiers impliqués si applicable. Si vous n’avez pas encore toutes ces informations, déclarez quand même dans les délais et complétez votre dossier ultérieurement.
L’expertise : comprendre le rôle de chaque acteur
Pour les sinistres dépassant un certain montant (variable selon les assureurs, souvent au-delà de 1 500 à 2 000 euros de dommages estimés), votre assureur mandatera un expert. Cet expert est payé par votre assureur — mais ce n’est pas pour autant votre adversaire. Son rôle est d’évaluer objectivement les dommages et de les chiffrer pour établir la base de l’indemnisation.
Soyez présent lors de la visite de l’expert ou faites-vous représenter par quelqu’un en qui vous avez confiance. Montrez-lui l’ensemble des zones endommagées, y compris celles qui ne sont pas immédiatement visibles (sous-plancher humide, intérieur de cloisons). Présentez vos preuves d’achat des biens endommagés si vous en disposez.
Si l’évaluation de l’expert vous semble trop basse, vous avez le droit de demander une contre-expertise. Vous pouvez mandater votre propre expert d’assuré — un professionnel indépendant qui défend vos intérêts et produit une évaluation contradictoire. Si votre contrat inclut une garantie protection juridique, les frais de cet expert d’assuré sont pris en charge.
La procédure se conclut soit par un accord entre les deux experts sur un montant, soit par l’arbitrage d’un tiers expert désigné d’un commun accord. Cette procédure peut prendre du temps mais est souvent plus efficace qu’un recours judiciaire pour les litiges purement techniques sur l’évaluation des dommages.
L’indemnisation : de la proposition au paiement
Une fois l’expertise réalisée (ou pour les sinistres traités sans expertise), votre assureur vous adresse une proposition d’indemnisation. Ce document détaille le montant proposé pour chaque poste de dommage (immobilier, mobilier, perte d’usage) et la franchise appliquée. Lisez-le attentivement avant de l’accepter.
Si le montant vous convient, signalez votre accord à votre assureur — souvent par un simple retour de courrier ou une validation en ligne. Le versement intervient généralement dans les deux à quatre semaines suivant votre acceptation, après production des justificatifs demandés (devis ou factures des travaux de réfection).
Pour les sinistres importants, l’indemnisation peut être versée en plusieurs fois : une première avance pour engager les travaux, puis un solde après production des factures définitives. Ce mécanisme évite que vous ayez à avancer l’intégralité des sommes. Renseignez-vous auprès de votre assureur sur les modalités de versement dès l’ouverture du dossier.
Si la proposition d’indemnisation vous semble insuffisante, ne l’acceptez pas sous pression et ne signez pas un document d’acceptation sans l’avoir compris. Demandez une explication détaillée des calculs effectués, notamment la méthode de calcul de la vétusté si elle a été appliquée. Vous disposez d’un délai raisonnable pour accepter ou contester la proposition — votre assureur ne peut pas vous forcer à accepter une offre inadéquate.
En cas de désaccord persistant après les échanges amiables, saisissez le médiateur de l’assurance — une démarche gratuite, indépendante et accessible en ligne. La grande majorité des litiges en assurance habitation trouvent une résolution à ce stade, sans avoir à recourir aux tribunaux.
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Le chiffre de l’Observatoire
Un détail qui pèse lors de l’expertise : les devis de remise en état que vous transmettrez ne sont plus ceux d’il y a cinq ans. Les coûts de production du bâtiment tous corps d’état ont augmenté de 18,3 % sur cinq ans et de 3,8 % sur douze mois (index INSEE BT01, période mai 2026). Un devis jugé « élevé » peut simplement refléter cette hausse documentée — c’est un argument vérifiable à verser au dossier. Détail dans notre Observatoire des prix du dépannage.
Questions fréquentes
Quel délai pour déclarer un sinistre à son assurance habitation ?
Cinq jours ouvrés pour la plupart des sinistres, deux jours ouvrés pour un vol ou une tentative de cambriolage. Ces délais courent à partir du moment où vous avez connaissance du sinistre, pas nécessairement de la date à laquelle il s’est produit.
Que faut-il photographier avant de nettoyer ?
Tout, et avant de toucher à quoi que ce soit : chaque zone touchée, puis chaque bien endommagé individuellement — meuble, appareil, objet de valeur. Ne nettoyez pas, ne déplacez rien, ne jetez rien tant que ce n’est pas photographié : ces images sont votre principale preuve et la référence de l’expertise.
Que doit contenir la déclaration de sinistre ?
La date et les circonstances, la nature et l’étendue des dommages constatés, les mesures conservatoires déjà prises (bâchage, sécurisation, intervention d’urgence) et les coordonnées des tiers impliqués. Si des informations manquent encore, déclarez quand même dans les délais et complétez ensuite.
À partir de quel montant un expert est-il mandaté ?
Le seuil varie selon les assureurs, souvent au-delà de 1 500 à 2 000 € de dommages estimés. L’expert est payé par l’assureur, mais son rôle est d’évaluer objectivement les dommages et de les chiffrer pour établir la base de l’indemnisation.
Que faire si l’évaluation de l’expert semble trop basse ?
Vous avez le droit de demander une contre-expertise et de mandater votre propre expert d’assuré, un professionnel indépendant qui produit une évaluation contradictoire. Si votre contrat inclut une garantie protection juridique, ses frais sont pris en charge.